Restez connecter !

Abonnez-vous à notre newsletter pour recevoir nos publications

[mc4wp_form id="448"]
Abomey

Allons au palais ! Mini-restitution : L’épine naît avec sa pointe

Lancée depuis le 21 juin 2025, la série d’activités ludiques, touristiques et culturelles dénommée « Allons au palais ! » se déroule à Atakinbaya (Palais Agaja) toutes les semaines, du mercredi au dimanche. Initié par la Maison du Tourisme d’Abomey et Région (MTAR) en partenariat avec l’Agence Nationale des Patrimoines Touristiques (ANPT) pour la médiation en faveur du Projet Abomey, ce programme vise à offrir aux enfants, adolescents et jeunes d’Abomey une plateforme d’apprentissage patrimonial et d’expression artistique.

Des enfants et adolescents dans le ajalala du Palais Agaja

Après 5 semaines d’activités, l’équipe mise en place par la MTAR et chargée de l’animation de la Maison du Projet (relativement au Projet Abomey) a jugé important de donner aux parents qui envoient leurs enfants au palais un aperçu de ce que ces derniers s’en vont y faire. De même, il fallait faire savoir à la presse la teneur de cette initiative. Une mini-restitution a en effet été pensée et organisée ce mercredi 30 juillet 2025 à Atakinbaya, de 16h00 à 17h00.

La restitution à mi-parcours a pris la forme d’un spectacle dans lequel se retrouvent tous les ateliers au programme de « Allons au palais ! ». Tous les participants au programme ont joué chacun un rôle. Il y a eu par conséquent plus de 150 acteurs sur scène, rien que des enfants et adolescents âgés de 3 à 19 ans.

Le spectacle a été officiellement lancé par un duo mixte et a commencé par une entrée sur scène bruyante d’enfants qui, rapidement, ont constitué des groupes et se sont mis à jouer à des jeux traditionnels comme kɔkɔkɔkɔ, fitɛ nan gbon yi tɔ ce xwe… À l’écoute d’un chant entonné par une voix fluette et sorti du côté du public, les joueurs sur la scène se figent.

Un groupe d’acteurs apparaît, en chantant. C’est la troupe des conteurs. Elle forme un demi-cercle et fait face au public. Un nouveau chant est entonné et repris par la troupe. Le premier conteur est invité sur scène, toujours en chant. À la fin de son récit, la seconde conteuse prend sa place, après avoir été invitée, elle aussi.

Au premier plan, les deux principaux acteurs

La prestation de la troupe des conteurs prend fin. Les enfants et adolescents qui jouaient s’apprêtent à retourner d’où ils venaient. Le conteur leur demande de s’arrêter. Un jeu d’acteurs se joue entre lui et sa consœur. In fine, les deux tombent d’accord sur le fait que le palais est un espace où la parole est reine, sacrée et donc respectée.

À l’évocation du nom du fondateur du Danxomɛ, Dada Huégbaja, des sons de gong retentissent. La troupe de Kpanligan, vêtue conformément à la tradition et en uniforme, sort en manipulant avec dextérité le bâton et le gong. Menée par une fillette de 6 ans environ, les Kpanligan viennent se positionner face au public.

La troupe de Kpanligan

La meneuse lance les louanges à Dada Huégbaja et est suivie par ses compagnons. À la fin, tous posent les genoux à terre, courbent le dos et touchent du front le sol, exécutant ainsi le geste d’allégeance au roi reconnu dans le Danxomɛ.

Le conteur et animateur précise que Dada Huégbaja est le fondateur du royaume. La troupe d’akɔ mlan-mlan/dada mlan-mlan prend le relai et déclame les louanges du monarque, différentes de celles de la troupe de Kpanligan. Après Dada Huégbaja, Dada Gézo et Dada Glɛlɛ ont été honorés par cette troupe 100 % féminine.

« Dada Huégbaja ! Dada Gézo ! Dada Glɛlɛ ! Dada Gbɛhanzin ! Que les noms de nos rois montent dans le vent ! Louanges à eux ! » Après que le conteur et la conteuse ont clamé haut et fort cette formule, Laurencia Agbidinoukoun-Glèlè, âgé de 9 ans environ, lead vocal de la troupe de agbaja amène les siens sur la scène. La voix de la jeune chanteuse et son aisance scénique déclenchent applaudissements et hourrahs du public. Les danseurs et danseuses de agbaja offrent à voir d’époustouflants mouvements corporels.

Troupe de agbaja

Ces derniers s’éclipsent ensuite pour laisser apparaître d’autres performeurs, les participants à l’atelier de Zinli. Ceux-ci sont venus sans tambour, sans gong, sans castagnettes… Composée essentiellement d’adolescentes, la troupe de zinli a fait comprendre qu’en tout lieu et en tout temps, sans instruments de musique, la danse peut toujours exister. Ses membres ont battu la cadence de leurs voix. Et les tableaux qu’ils ont présentés sont d’une beauté qui force l’admiration.

À peine finissaient-ils leur prestation qu’un son de tam-tam signale un changement d’acte. La troupe de hanyé et sɔhun est désormais au cœur des attentions. Les gens du zinli ont-ils décidé de ne pas battre le tam-tam et le gong ? Les éléments de hanyé et sɔhun, eux, s’y adonnent avec beaucoup de cœur. À mesure que la peau des tambours reçoit de vigoureuses tapes et que les bâtonnets en bois frappent soigneusement les gongs en métal, les danseuses font ondoyer de plus en plus leurs corps et électrisent les spectateurs.

Danseuses de sɔhun

Les troupes chargées d’exécuter différents rythmes ont prouvé que la danse est un art majeur à Abomey ! Au bout d’un moment, les instruments musicaux se turent. Le public applaudit.

Nos deux conteurs réapparaissent. Ils invitent acteurs et spectateurs à effectuer une visite touristique sur site. Tantôt conteurs, tantôt comédiens, ils sont désormais guides de tourisme. Le parcours se présente comme suit : bas-reliefs ornant le ajalala du palais Agaja – exposition des dessins au crayon des apprentis plasticiens – exposition des œuvres en argile de ceux-ci.

Bas-reliefs en argile en hommage aux rois du Danxomɛ

À la fin de la visite, les spectateurs regagnent leurs places sur les sièges. Un dispositif destiné à un match de génie en herbe est déjà en place ; les équipes devant s’affronter également. Les acteurs encore sur scène débutent des acclamations. Une enfant et deux adolescentes sortent du ajalala, avec chacune une bouteille d’eau et une chemise-dossier en main. Ce sont les officiels du match. Princesse Fanou, arbitre du match, salue l’assistance en fon et enchaîne en français.

Match de génie en herbe

À la fin du match, pendant que les joueurs se serraient la main en signe de fair-play, nos deux principaux acteurs reviennent sur scène. Ils affirment que le palais, ce ne sont pas que des murs mais que c’est plutôt un monde vivant dont font partie tous ceux qui y viennent. Avant que le public ne finisse d’applaudir, se sont alignés des enfants et adolescents devant le mur principal du ajalala du palais. La fin de la réaction du public a coïncidé avec l’entonnement de l’hymne national en fongbe. Les 6 couplets de cette version du chant du pays ont été exécutés avec la justesse que l’on retrouve chez les professionnels de la chanson. Dès que la dernière parole de l’hymne a été prononcée, les chanteurs et chanteuses ont brandi des exemplaires du drapeau du Bénin.

Les acteurs entourant le Directeur de la MTAR et levant des exemplaires du drapeau du Bénin

Les spectateurs battent des mains, verbalisent leur émerveillement. Les acteurs, tout sourire, rayonnent. Ainsi s’est achevé le spectacle constituant la mini-restitution de « Allons au palais ! » et qui a été produit devant les parents des participants, trois membres du Comité de préfiguration du Musée des Rois et des Amazones du Danxomɛ (Gabin Djimassè, Bachalou Nondichao et Jules Bocco), le représentant du Directeur Départemental du Tourisme, de la Culture et des Arts, des badauds, etc.

Au premier plan, de gauche à droite, Gabin Djimassè et Bachalou Nondichao

Voici un propos que m’inspire la performance des plus de 150 jeunes acteurs ayant joué dans ce spectacle : « L’épine naît avec sa pointe, pointe à laquelle il ne faut que du temps pour durcir. » Les enfants d’Abomey naissent avec des talents dans l’art, sous toutes ses formes. Il ne leur faut que des occasions comme celles que leur offrent la MTAR et l’ANPT pour qu’elles montrent aux yeux du monde le génie artistique qui les habite.

« Allons au palais ! » continue jusqu’au 30 août où une restitution plus grandiose est prévue.

Ci-dessous le calendrier des activités !

Allons au palais ! Le calendrier

Allons au palais prendre notre part de l’héritage culturel du Danxomɛ !

Vous pourriez aimer aussi

Abomey

Ateliers d’éveil patrimonial dans les écoles primaires publiques d’Abomey

Dans le cadre de la médiation culturelle autour du Projet Abomey, la Maison du Tourisme d’Abomey et Région (MTAR) a
Abomey

Rencontres avec les leaders des communautés chrétiennes et musulmane

Visant le développement touristique d’Abomey et Région, la MTAR organise parfois des rencontres avec différents groupes cibles. L’intention est de